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Philosophe · Élève, traductrice et exécutrice testamentaire

Elizabeth Anscombe

Élève, amie et traductrice de Wittgenstein, elle a fondé avec sa méthode la philosophie de l'action moderne et relancé l'éthique, en défendant des thèses qu'il ne partageait pas.

2 min de lectureMis à jour 2026-10-20

En bref

Elizabeth Anscombe (1919-2001) fut l'élève de Wittgenstein, sa traductrice anglaise et l'une de ses trois exécuteurs littéraires. Elle a appliqué son attention au langage ordinaire à l'intention et à l'action, et s'est séparée de lui en défendant des absolus moraux catholiques et une métaphysique aristotélicienne.

Elizabeth Anscombe est l'élève qui a fait passer la philosophie tardive de Wittgenstein en anglais, puis s'est servie de sa méthode pour bâtir une œuvre entièrement à elle. Arrivée à Cambridge en 1942, elle suit ses cours et devient l'une de ses amies les plus proches. À sa mort en 1951, elle est désignée, avec Rush Rhees et Georg Henrik von Wright, comme l'un de ses trois exécuteurs littéraires.

Ce qu'elle a reçu de Wittgenstein

Avant tout une manière de travailler : se méfier de l'image qu'un philosophe apporte avec sa question, et regarder de près comment les mots sont réellement employés. Sa traduction des Recherches philosophiques (1953) a façonné la lecture de générations de lecteurs anglophones, et elle a traduit ou coédité une grande partie des œuvres posthumes, dont De la certitude avec von Wright. Son Introduction to Wittgenstein's Tractatus (1959) soutient, contre les positivistes logiques, qu'il faut lire le Tractatus à partir de Frege et non du Cercle de Vienne.

Ce qu'elle en a fait

L'Intention (1957) applique la patience de Wittgenstein à une question qu'il n'a jamais traitée de façon suivie : qu'est-ce qui rend une action intentionnelle ? Anscombe part d'une question de tous les jours : « Pourquoi faites-vous cela ? » Une action est intentionnelle quand cette question, prise en un certain sens, s'y applique. Et un seul et même mouvement peut être intentionnel sous une description et non sous une autre. Son exemple : un homme qui, d'un même geste, actionne une pompe, remplit la réserve d'eau d'une maison et empoisonne ses habitants. Ce petit livre a pratiquement fondé la philosophie de l'action contemporaine.

Dans « Modern Moral Philosophy » (1958), elle soutient que l'éthique devrait attendre une philosophie de la psychologie digne de ce nom, que le « devoir moral » au sens spécial est le vestige d'une morale de la loi qui a oublié son législateur, et elle forge le mot « conséquentialisme ». On y voit souvent le point de départ du renouveau de l'éthique des vertus. « The First Person » (1975) défend une thèse surprenante : « je » n'est pas une expression qui réfère.

Là où elle se sépare de lui

Catholique convaincue, Anscombe défendait des absolus moraux : certains actes, comme tuer délibérément des innocents, sont interdits quelles qu'en soient les conséquences. Elle a éclairé la doctrine du double effet par sa théorie de l'intention et, en 1956, s'est opposée publiquement au doctorat honorifique qu'Oxford décernait au président Truman, à cause d'Hiroshima et de Nagasaki. Wittgenstein, lui, tenait que l'éthique ne se laisse pas dire en propositions, comme le montre sa Conférence sur l'éthique, et se méfiait de toute théorie de ce que nous devons faire.

Elle a aussi fait de la métaphysique avec un appétit aristotélicien qu'il aurait peut-être pris pour un symptôme. De 1970 à 1986, elle a occupé à Cambridge la chaire qui avait été la sienne. Les notices de la Stanford Encyclopedia of Philosophy et de l'Internet Encyclopedia of Philosophy le confirment : son élève par la méthode, pleinement elle-même par les thèses.

Questions fréquentes

Anscombe a-t-elle traduit les Recherches philosophiques ?

Oui, en anglais. Sa traduction a paru en 1953 en regard du texte allemand et est restée la version de référence pendant des décennies. La quatrième édition (2009) a été révisée par P.M.S. Hacker et Joachim Schulte. En français, la traduction de référence est celle de Françoise Dastur et de ses collègues (Gallimard, 2004).

Pourquoi Anscombe compte-t-elle en éthique ?

Son essai « Modern Moral Philosophy » (1958) s'en prend aux théories morales de son temps, introduit le terme « conséquentialisme » et contribue au retour de l'éthique des vertus.

Sources

  1. Stanford Encyclopedia of Philosophy · Gertrude Elizabeth Margaret Anscombe
  2. Internet Encyclopedia of Philosophy · Anscombe, G.E.M.
  3. Stanford Encyclopedia of Philosophy · Doctrine of Double Effect
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wittgenstein.be, “Elizabeth Anscombe”, https://wittgenstein.be/fr/philosophes/elizabeth-anscombe/ (2026-10-20)

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