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Héritiers · 1924-1936

Le Cercle de Vienne

Les philosophes et savants réunis autour de Moritz Schlick, qui ont fait du Tractatus un texte fondateur du positivisme logique. Selon Wittgenstein, ils en ont manqué l'essentiel.

2 min de lectureMis à jour 2026-10-20

En bref

Le Cercle de Vienne, réuni autour de Moritz Schlick de 1924 à 1936, a lu le Tractatus comme la charte d'une philosophie scientifique : la logique est tautologie, la métaphysique est non-sens, le sens est vérification. Wittgenstein a longtemps discuté avec Schlick et Waismann, mais estimait que le Cercle l'avait mal compris, car pour lui l'indicible était l'essentiel.

Le Cercle de Vienne est un groupe de philosophes, de scientifiques et de mathématiciens réunis autour de Moritz Schlick (1882-1936) à l'université de Vienne, de 1924 jusqu'à l'assassinat de Schlick par un ancien étudiant en 1936. Ils veulent une philosophie scientifique, débarrassée de la métaphysique, et lisent ensemble le Tractatus, phrase par phrase, au milieu des années 1920. Leur manifeste de 1929, Wissenschaftliche Weltauffassung. Der Wiener Kreis, cite Wittgenstein, avec Einstein et Russell, parmi les grands représentants de leur conception du monde.

Qui a rencontré Wittgenstein

Wittgenstein n'a jamais assisté aux réunions du Cercle. À partir de 1927, il rencontre un petit groupe : Schlick, Friedrich Waismann (1896-1959) et, au début, Rudolf Carnap (1891-1970) et Herbert Feigl. Il lui arrive de leur tourner le dos pour lire des poèmes de Rabindranath Tagore au lieu de discuter. Dès 1929, il refuse de revoir Carnap. Les entretiens avec Schlick et Waismann se poursuivent jusqu'au début des années 1930. Les notes de Waismann ont paru sous le titre Wittgenstein und der Wiener Kreis (1967).

Ce qu'ils ont tiré du Tractatus

Trois idées surtout. Les vérités de la logique et des mathématiques sont des tautologies, l'empiriste n'a donc pas à les expliquer comme une connaissance du monde. Les phrases métaphysiques ne sont pas fausses mais dénuées de sens, car elles violent la logique du langage. Enfin, le sens d'une proposition est sa méthode de vérification, formule que Wittgenstein emploie lui-même avec Schlick et Waismann en 1929 et 1930. Le Cercle en fait le principe de vérification, critère pour séparer la science de la métaphysique.

Pourquoi Wittgenstein se disait mal compris

Le Cercle prend « non-sens » comme une condamnation : ce qui ne se vérifie pas ne mérite pas qu'on en parle. Pour Wittgenstein, l'enjeu du livre se trouve de l'autre côté de la limite, dans l'éthique, l'esthétique et le sens de la vie, qui se montrent sans se dire.

Es gibt allerdings Unaussprechliches. Dies zeigt sich, es ist das Mystische.

Il y a assurément de l'inexprimable. Il se montre, c'est le mystique.

Tractatus 6.522

Son ami Paul Engelmann l'a dit nettement : les positivistes pensent que seul compte ce dont on peut parler, alors que Wittgenstein croyait que ce qui compte vraiment, c'est ce sur quoi il faut se taire. La Conférence sur l'éthique de 1929 dit la même chose de l'intérieur.

La fin du dialogue

Les relations finissent mal. En 1932, Wittgenstein accuse Carnap d'avoir repris ses idées sans le citer dans un article sur le physicalisme. Le livre où Waismann devait exposer la pensée de Wittgenstein ne cesse de s'enliser, car cette pensée change sans arrêt. Il ne paraît qu'après la mort de Waismann, en anglais, sous le titre The Principles of Linguistic Philosophy (1965). Entre-temps, Carnap fait de l'empirisme logique la philosophie des sciences dominante du milieu du siècle, de plus en plus loin du second Wittgenstein. Voir aussi l'article sur Schlick.

Questions fréquentes

Wittgenstein était-il membre du Cercle de Vienne ?

Non. Il n'a jamais assisté aux réunions. Il voyait quelques membres en privé, surtout Schlick et Waismann, et le Cercle tenait son Tractatus pour un texte clé, mais il gardait ses distances et rejetait la lecture positiviste de son œuvre.

Wittgenstein croyait-il au principe de vérification ?

Vers 1929-1930, il dit en effet que le sens d'une proposition est sa méthode de vérification, et Waismann le note. Mais il n'en a jamais fait une arme contre la métaphysique, et il passe vite à l'idée que la signification réside dans l'usage.

Sources

  1. Stanford Encyclopedia of Philosophy · Vienna Circle
  2. Stanford Encyclopedia of Philosophy · Moritz Schlick
  3. Stanford Encyclopedia of Philosophy · Rudolf Carnap
  4. Stanford Encyclopedia of Philosophy · Logical Empiricism
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wittgenstein.be, “Le Cercle de Vienne”, https://wittgenstein.be/fr/philosophes/cercle-de-vienne/ (2026-10-20)

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